Lynché

Lynché

Lynché pour s’être trop lâché, lynché à force de trop aimer 
 
Lynché pour avoir trop affiché, sa liaison, sa passion, son âme en déraison 
Parce qu’il l’aime, elle, la jalousie les gangrène 
La haine s’immisce et les vices les atteignent 
Ces petits mineurs parcourant leurs jeunes heures ne jouaient pas à Robin des bois  
dans leur cité Rosny-sous-Bois 
ils avaient une autre obsession, un supplice, une toute autre déraison 
Une agression pas très sage, un passage à tabac 
une réponse au carnage de leurs âmes sauvages, dans les bas fonds du très bas 
 
Lynché pour s’être trop lâché, lynché à force de trop aimer 
 
Un samedi, ça te dit, lui a-t-il dit, elle, bien réjouie, lui, bien épris,  
ils ont pris le tunnel de leurs envies 
ça te dit, ça me dit, ça nous dit, tout est dit 
Enfin… Pas tout à fait, vue les faits divers qui sèment l’effroi avant l’hiver 
Ces Roméo et Juliette des temps modernes ont vu leurs antennes réduites en berne 
Pour avoir osé s’être trop aimé, leurs âmes dépouillées pour quelques baisers 
Leurs cœurs menacés pour trop de justes accords 
Sa chair agressée pour de trop de douces pensées 
Sa mort appelée pour punir ces cœurs à corps 
 
Lynché pour avoir trop affiché, sa liaison, sa passion, son âme en déraison 
 
Mais il s’accroche et ricoche, il retient sa caboche, de la force plein les poches  
Il résiste 
Sa vie à son pouls il raccroche 
Roué de coups il n’est pourtant pas moche 
Juste un peu fou d’avoir cru en demain, sans la fauche 
A pleines mains, il se joue des lendemains 
Il tient le coup et provoque les croques-chagrins 
 
Lynché pour s’être trop lâché, lynché à force de trop aimer 
Parce qu’il l’aime, elle, la jalousie les gangrène 
La haine s’immisce et les vices les atteignent 
 
Entre la vie et la mort pour son trésor 
Contre ceux qui le croyaient moins fort, il défie son corps 
Il se bat encore, il se bat plus fort 
Ironie du sort 
La mort a voulu raisonner l’amour 
Et dans le décor, les coups bas sont aveugles et sourds 
Heureusement, pas les caméras 
A 19 ans, à coups de poings secs et de haine, infecte ! Insecte ! 
Il fut lynché à Noisy-le-Sec 
 
 
 
 

© Tous droits réservés par Ingrid Barbier 

Chanson écrite le 05/04/2011 par Ingrid Barbier 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site